Le Lézard
Sujets : Femme, DEI

14e féminicide en contexte conjugal : l'Alliance MH2 réagit


MONTRÉAL, le 20 juill. 2021 /CNW Telbec/ - C'est avec colère et tristesse que l'Alliance des maisons d'hébergement de 2e étape pour femmes et enfants victimes de violence conjugale (Alliance MH2) apprenait aujourd'hui un nouveau féminicide en contexte conjugal, le 14e de l'année. Face à cette augmentation drastique de féminicides, l'Alliance MH2 se préoccupe que la répétition des cas fasse diminuer l'indignation globale et génère une certaine désensibilisation. À cet effet, nous appelons la population, les médias et le gouvernement à rester mobiliser pour la mise en sécurité des femmes et des enfants victimes de violence conjugale.

« Les féminicides en contexte de violence conjugale ne doivent pas devenir une normalité et être relayés à la section Faits divers de nos médias. Il s'agit d'un enjeu sociétal majeur; la violence envers les femmes est une épidémie qui perdure depuis trop longtemps et on doit s'efforcer de l'éradiquer avec autant de vigueur que la COVID. »

Sabrina Lemeltier, présidente de l'Alliance MH2

Après une mobilisation historique de milliers de Québécoises et Québécois en avril dernier pour crier d'une même voix « C'est Assez! Pas une de plus! », l'Alliance MH2 réitère l'urgence d'agir. Si le gouvernement Legault a accéléré la cadence sur plusieurs dossiers en matière de violence conjugale, dans éléments majeurs manquent toujours. En effet, la prévention des féminicides en contexte de violence conjugale passe par une meilleure cohérence dans le système judiciaire qui s'assure notamment par la présence systématique de procureurs dédiés à la violence conjugale dans chaque région du Québec et l'instauration d'un Tribunal spécialisé en matière de violences sexuelles et conjugales. Or, ce Tribunal considéré par plusieurs comme la pièce maîtresse du rapport Rebâtir la confiance manque toujours à l'appel. C'est pourquoi l'Alliance MH2 demande au gouvernement d'accélérer significativement le processus pour mettre en place les réformes nécessaires pour garantir sa mise en place et invite la population à signer massivement la pétition actuellement en ligne sur le site de l'Assemblée nationale à cet effet.

Message aux proches
Si des réformes structurantes aux différents paliers gouvernementaux sont nécessaires, elles ne demeurent pas les seules solutions. La présence d'un solide filet de sécurité autour des femmes et des enfants victimes de violence conjugale est essentiel pour garantir leur mise en sécurité. Celui-ci est composé évidemment de l'ensemble des acteurs des services publics et communautaires, mais aussi des proches des victimes dont on sous-estime souvent l'importance. L'Alliance invite ainsi la population à demeurer vigilants et présents auprès des femmes de leur entourage, et ce, particulièrement au moment d'une séparation où le risque homicidaire est à son plus élevé.

« Comme la famille et les amis connaissent intimement la victime, ils sont les plus sujets à constater des changements de comportements pouvant indiquer que celle-ci est prise une relation toxique et violente avec son conjoint; changement de personnalité en présence de son conjoint, comportements et choix méconnaissables, diminution ou arrêt subit des contacts avec ses proches sont tous des éléments qui devraient nous alerter. »

Sabrina Lemeltier, présidente de l'Alliance MH2

Il est important de réitérer que les ressources d'intervention en violence conjugale sont aussi présentes pour aider les proches des victimes. L'Alliance MH2 les invite ainsi à contacter sans hésitation SOS violence conjugale (1-800-363-9010) ou encore une ressource d'aide et d'hébergement pour victimes de violence conjugale de leur région; un appel qui pourrait sauver une vie.

À propos de l'Alliance?:  
L'Alliance des maisons d'hébergement de 2e étape pour femmes et enfants victimes de violence conjugale compte 26 maisons membres, dont l'objectif principal est la prévention de l'homicide conjugal. Elles offrent des services spécialisés en violence conjugale postséparation au premier chef la mise en sécurité physique, le premier critère d'admission est la dangerosité de l'ex-conjoint. Ceci concerne 8% des femmes qui, au départ d'un refuge d'urgence, vivent des enjeux de sécurité majeurs du fait de la dangerosité du conjoint. Elles hébergent plus de 500 femmes et enfants par année dans 140 chambres ou appartements. 

SOURCE Alliance des maisons d'hébergement de 2e étape pour femmes et enfants victimes de violence conjugale



Communiqué envoyé le 20 juillet 2021 à 13:19 et diffusé par :